Climat

Où brille le soleil d'hiver en Suisse

L'ensoleillement n'est pas réparti uniformément sur l'année. En été, la plupart des communes suisses reçoivent une part comparable des heures possibles, mais l'hiver creuse un écart entre les plaines brumeuses et le sud lumineux. Les stations alpines font exception : leurs hivers sont plus lumineux que leurs étés. Cette analyse suit le soleil au fil des saisons, des villes aux vallées et aux stations, et s'achève sur le réchauffement.

Le soleil d'hiver varie bien plus que celui de l'été

L'indicateur d'ensoleillement hivernal mesure la part des heures d'ensoleillement possibles qu'une commune reçoit réellement pendant la saison froide. Le brouillard, les nuages bas et les collines à l'horizon réduisent tous cette part, si bien que le chiffre reflète autant la géographie locale que le temps qu'il fait. Locarno reçoit 59 % des heures possibles (rang 3 sur 1 806 communes). À l'autre extrémité de l'échelle, Kreuzlingen, au bord du lac dans le nord-est, ne reçoit que 20 %.

Entre ces deux extrêmes se trouvent les grandes villes. Genève, Berne et Bâle reçoivent 29 %, tandis que Zurich reçoit 25 %. Dans le nord-est, les chiffres repartent à la baisse : Winterthour reçoit 23 % et Frauenfeld reçoit 21 %.

La principale cause est le brouillard. Par temps froid et sans vent, une couche de nuages bas s'installe pendant plusieurs jours sur le Plateau suisse et dans les bassins lacustres, tandis que les versants au-dessus restent ensoleillés. Les valeurs hivernales les plus faibles se concentrent sur le Plateau et, la série étant exprimée en pourcentages entiers, beaucoup de communes voisines s'y retrouvent à égalité.

Durée d'ensoleillement relative en hiver (part de la durée possible) : 10 communes côte à côte

Médiane des 1 806 communes : 29 %

En été, la carte est presque uniforme

L'été change le tableau. La commune médiane reçoit 51 % des heures possibles, et les grandes villes du nord s'en approchent : Zurich reçoit 51 %, Berne reçoit 53 %, Bâle reçoit 53 % et Kreuzlingen, au bord du lac, reçoit 50 %. La nappe de brouillard qui leur coûtait tant de soleil en hiver a disparu.

Quelques lieux se démarquent en été, pour la raison inverse. Genève reçoit 60 % et Sion reçoit 61 %. Dans la vallée du Rhône, les pluies sont rares : Sion enregistre 613 mm de précipitations par an, contre une médiane de 1 117 mm. Grimisuat arrive en tête du classement national d'été avec 64 %.

Nuages et pluie agissent en sens inverse dans le centre de la Suisse. Engelberg reçoit 41 % des heures possibles en été, la part la plus faible de toutes les communes, et enregistre 1 836 mm de précipitations par an. Le canton de la commune, Obwald, voit les montagnes retenir les nuages dans le fond de la vallée.

Durée d'ensoleillement relative en été (part de la durée possible) : 10 communes côte à côte

Médiane des 1 806 communes : 51 %

Dans les Alpes, les saisons s'inversent

Les stations de montagne font exception à cette règle. Zermatt reçoit 56 % des heures possibles en hiver et 53 % en été. Davos reçoit 52 % en hiver et 48 % en été. Pour Saint-Moritz, les parts sont de 55 % en hiver et 50 % en été ; pour Pontresina, elles sont de 56 % et 47 %. Dans les quatre cas, l'hiver est la saison la plus lumineuse.

L'altitude explique ce phénomène. Au-dessus de la couche de brouillard, les journées d'hiver sont claires et sèches, alors qu'en été des nuages se forment l'après-midi au-dessus des sommets et réduisent les heures de soleil direct. Ce renversement touche aussi les vallées du nord : Engelberg reçoit 47 % en hiver et 41 % en été, et Grindelwald reçoit 48 % et 46 %.

Ensoleillement ne rime pas avec douceur. Zermatt affiche la moyenne de janvier la plus basse de toutes les communes, −9,8 °C. Les plaines, en revanche, restent proches du point de gel : Kreuzlingen et Zurich affichent en janvier des moyennes de 0,9 °C et 1,0 °C, alors qu'elles ne reçoivent en hiver que 20 % et 25 % des heures possibles de soleil.

Un sud lumineux et des vallées intérieures sèches

Sur une année entière, deux groupes de communes dominent le classement de l'ensoleillement : celles du versant sud des Alpes et celles des vallées intérieures sèches (canton : Valais). Grimisuat arrive en tête avec 58 % des heures possibles, et Muralto suit avec 57 %. Dans ce même groupe, Sion et Locarno reçoivent 57 %, contre une médiane de 42 % pour l'ensemble des communes.

L'avantage du sud ne s'arrête pas à la frontière cantonale. Poschiavo et Brusio, dans les vallées italophones (canton : Grisons), reçoivent 59 % des heures d'ensoleillement possibles en hiver, tout comme Locarno et Arbedo-Castione (canton : Tessin).

L'ensoleillement et la douceur ne vont pas forcément de pair. En janvier, Locarno affiche en moyenne 1,9 °C, alors que Poschiavo affiche −6,1 °C, un écart que l'altitude explique. La part d'ensoleillement mesure les nuages et les horizons, pas la température.

Durée d'ensoleillement relative par an (part de la durée possible) : 10 communes en tête

Médiane des 1 806 communes : 42 %

Comment lire ces parts

Une part d'ensoleillement relatif compare les heures de soleil reçues par une commune à celles qu'elle recevrait sous un ciel sans nuage. C'est un rapport et non un nombre d'heures : il ne dit rien de la longueur des jours. Les vallées profondes peuvent perdre des heures à cause des nuages et des montagnes environnantes.

Chaque commune n'a qu'une seule valeur : les grandes communes qui s'étendent du fond d'une vallée jusqu'à un versant masquent donc des écarts à l'intérieur de leurs limites. Les valeurs sont des moyennes à long terme pour 1991-2020, et elles ne disent rien d'un hiver en particulier. Un mois froid et clair peut apparaître dans la même moyenne qu'un mois gris et doux.

Le tableau annuel est présenté avec une décimale, si bien que les égalités y sont beaucoup plus rares que dans les tableaux saisonniers. C'est pourquoi le classement annuel peut désigner une seule commune en tête, alors que les tableaux saisonniers montrent des groupes de communes aux parts identiques.

Le réchauffement ne suit pas le soleil

Les mêmes données climatiques montrent de combien la température moyenne annuelle a augmenté par rapport à la période de référence antérieure. Rheinfelden enregistre la plus forte hausse, 2,0 °C, et les communes qui suivent de près se trouvent elles aussi au nord-ouest. À l'autre extrémité, La Tour-de-Peilz et Grimisuat n'affichent chacune qu'une hausse de 0,7 °C.

Grimisuat est un cas révélateur. Elle partage avec La Tour-de-Peilz la plus faible hausse du pays et occupe aussi la première place pour l'ensoleillement annuel. Ciel clair et hausse modeste vont de pair ici, mais ce constat reste local et ne doit pas être généralisé.

À retenir

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